Je n'ai jamais autant pensé à toi que quand j'essaye de t'oublier... Et pourtant, malgré toutes ces pensées vagabandes, ces rêves absurdes de moments dans tes bras, il me semble que j'y arrive. Oui. Que peu à peu je commence à me passer de toi, doucement, mais suremement, avec la sincère volonté de ne pas mourir à ta vue en chaire et en os. J'ai tellement peur. Tellement peur si tu savais de me faire du mal, de me blesser et de ne pas pouvoir me relever seule, sans personne ; et par ailleurs tellement désintéressée de l'aide que l'on veut m'apporter. Tu sais, si tu étais là, je me sentirais beaucoup mieux. Je ne pense même pas mon état comparable, puisque mon sourire part avec ceux que tu donnes aux autres que moi. J'suis pas jalouse de toi, non, ni d'elles. Je ne les envie pas non plus, étrangement. J'ai simplement ce vide en moi qui me perturbe et m'empêche d'avancer sans toi. Parce que tu n'es plus le simple copain de vacances avec qui j'aimais être, tu n'es plus l'ami avec qui j'aimais discuter pour me changer les idées, ni celui de qui j'aurais voulu tout entendre. Tu es une idée, une âme qui ne se retire pas, qui ne se retire plus. C'est comme ça, maintenant, ton nom fera partie de moi, de mes coordonnées et de ce qui me construit. Si tu savais que j'aime voir dans leur visage une partie de toi, ce que ça me transforme quand je me surprends à répéter un geste que tu faisais, comme mes pensées pour toi me détruisent et m'affaiblissent à tel point que je me fache avec des amis proches, parce que tu me mets sur les nerfs, parce que tu m'envahis sans cesse et que, sans air, je ne peux plus respirer. Malgré que tu sois mon oxygène. Et malgré tout ce qui pourrait se passer, si je te vois, je sais que tout finira mal. Mais pourtant, même si je sais tout ca, que j'en suis bien certaine, je veux m'ingliger ce mal, pour pouvoir enfin déclamer que j'ai un jour été heureuse dans tes bras. Dieu sait que je les aurais attendus, n'est-ce pas ?